Les psychiatres sont perplexes et avec eux la communauté scientifique médicale. Alors que les partenaires sociaux et le Ministère du travail débattent en ce moment pour faire du burn out une maladie professionnelle, ce trouble n’est actuellement répertorié dans aucune classification des maladies aussi bien par les institutions psychiatriques nationales et internationales que par l’Organisation mondiale de la santé.

L’idée étrange de faire du stress une maladie avait été de la même façon défendue par certains, alors que tout scientifique sait que le stress est une réaction normale de l’organisme à toute contrainte en vue de s’y adapter. Même si, ne l’oublions jamais, le stress intense et chronique est délétère pour la santé et peut à juste titre être considéré comme un facteur de risque psychosocial. C’est donc la dose qui fait le poison, comme le dit le vieil et sage adage médical.

Avec le burn out, nous nous trouvons dans une situation bien différente, les manifestations de celui-ci prenant la forme d’une symptomatologie et d’une souffrance psychologique certaines. Les symptômes associent des signes marqués de dépression (perte de l’estime de soi, fatigue physique et mentale, pessimisme, inefficacité à accomplir des activités) avec des éléments de la sphère émotionnelle faits de cynisme et d’incapacité à ressentir de l’empathie. Le burn out n’est-il alors qu’une forme spécifique de dépression (les psychiatres savent que la dépression peut s’exprimer de différente façon) ? Ne serait-il pas plus sérieux de parler alors de dépression par épuisement ? En fait, le succès du concept de burn out ne vient pas tant de ses manifestations pathologiques chez l’individu que de ses causes qui peuvent être d’origine professionnelle. N’oublions cependant pas que le burn out a aussi été décrit chez des mères au foyer surchargées de travail domestique.

Après le stress à la fin des années 90, le harcèlement moral au début de la précédente décennie et les suicides au travail dans les années 2008-2009, l’attention se porte maintenant sur le phénomène de burn out, avec le risque de négliger les autres manifestations de la détresse psychologique au travail. Pourtant l’impact du travail sur la santé mentale (une réalité incontournable) mérite d’être abordé de façon rigoureuse ce qui signifie aussi plus globale.

 

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