Nous avons tendance à nous représenter le bien-être comme un état personnel. Mais une des finalités du « bien-être avec soi » – trouver ses équilibres –n’est-il pas aussi d’être bien ensemble ? C’est ce que l’on appelle le « bien-être relationnel ».

Comme le bien-être personnel, il est important de pouvoir l’évaluer au travail pour définir des actions de progrès et par la suite en mesurer le développement.

Mais de quoi dépend-il ? Sur quels critères s’appuyer pour l’évaluer ? Comment le faire progresser ?

Le bien-être, « être bien » c’est en premier lieu « être bien avec soi ». Comment suis-je capable de maintenir mes équilibres émotionnels, de gérer mes frustrations, de favoriser ma « cohérence identitaire », autrement dit, l’alignement avec mes valeurs. Mais nous savons que le bien-être dépend aussi très étroitement, comme le bonheur, de la qualité de nos relations, comment elles peuvent nous nourrir. Ainsi, l’absence de confiance paralyse les relations, sans reconnaissance d’autrui, nous perdons notre « estime de soi », sans empathie, compassion, ni soutien mutuel, l’individualisme règne en maître. Enfin, l’absence de valeurs partagées ouvre grand la porte à tous les conflits et nuit à la coopération.

  • La confiance envers autrui dépend très étroitement de la confiance en soi. L’image plus ou moins positive d’autrui apparaît en effet très liée à l’image de soi. Si la confiance peut se gagner au fur et à mesure des échanges, dans les nouvelles relations ou les nouvelles situations, notre capacité à faire confiance aux autres dépend en grande partie de la « confiance en soi ». La confiance se développe aussi grâce à notre ouverture, à notre capacité à accepter nos propres vulnérabilités, comme celles des autres.
  • La reconnaissance nourrissant la relation dépendra, nous le savons, de notre propre capacité à en « donner », « recevoir » et aussi à en « demander ». La reconnaissance est bien une dynamique personnelle et relationnelle dont on dit qu’elle est avant tout relationnelle et « systémique ».
  • L’empathie, qualité d’écoute de l’émotionnel d’autrui résultera de notre propre maturité émotionnelle. Au delà de l’empathie, écouter la souffrance de l’autre dépend étroitement de notre capacité « d’auto-compassion ». Dans la philosophie taoïste, entrer dans la sagesse, c’est accéder à la compassion. Pour être capable de cette vertu, il faut avant toute chose savoir écouter notre propre souffrance et accepter notre vulnérabilité.
  • Les valeurs sont de puissants marqueurs identitaires, facteurs de lien social. Une valeur c’est « ce qui vaut pour moi ». Une valeur partagée c’est ce qui vaut pour l’un comme pour l’autre. Les valeurs sont au centre du bien-être relationnel. Mais si je m’en éloigne, si je vis dans l’incohérence, la culpabilité m’envahira. Si quelqu’un attaque mes valeurs et mes croyances, la colère, voire la haine installera le mal-être, le conflit ou la guerre dans les relations.

 

Confiance, reconnaissance, empathie, valeurs partagées… C’est sur cette base que pourront se bâtir la coopération, la solidarité, l’intelligence collective.

Ces quatre principaux vecteurs de bien-être relationnel seront d’autant plus efficaces qu’ils s’appuieront sur un bon équilibre personnel.

Si de nombreuses études tendent à montrer que le bien-être, voire le bonheur, sont liés à la richesse de nos relations, cette qualité relationnelle dépend en effet pour beaucoup au départ du bien-être avec soi.

Au-delà, de notre bien-être personnel et dans nos relations au travail, nous appartenons tous à un collectif, à une organisation, dont le premier maillon est l’équipe.

Le bien-être en équipe dépend lui d’autres facteurs dont nous pourrons aussi discuter ensemble prochainement.

Par Pierre-Marie Burgat

Psychologue, auteur de Manager avec l’intelligence émotionnelle aux éditions InterEditions
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