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Au sein des risques psychosociaux traversés de controverses idéologiques et d’oppositions irréductibles, il est un domaine où le consensus est solide : la place déterminante qui doit être donnée aux managers dans la prévention. Le rapport Lachmann, Larose et Pénicaud sur le bien-être au travail, remis au premier ministre il y a trois ans positionnait le manager comme acteur majeur de la santé au travail. Les recherches (en particulier celles de l’Université Laval au Québec) soulignent que les pratiques managériales peuvent représenter des risques psychosociaux ou, au contraire, être des facteurs de protection vis-à-vis du stress.

Pour l’entreprise, les conclusions sont claires :

1)    Affirmer le rôle majeur des managers dans le dispositif et la stratégie de santé au travail

2)    Former les managers à des compétences spécifiques davantage tournées vers l’humain et non pas exclusivement sur le technique

3)    Faire de ces dimensions managériales des critères d’évaluation des managers tant dans leur rémunération que leur carrière.

Cette démarche ne doit cependant pas occulter le risque de stigmatisation du manager (qui serait désigné comme l’ultime responsable du stress des salariés) et de surcharge de travail (en lui ajoutant une mission de plus aux nombreuses qui lui sont déjà confiées). En effet les études montrent clairement que les managers sont touchés par le stress et tout particulièrement les managers de proximité qui encadrent de petites équipes. Loin d’être seulement une possible cause de stress, ils en sont trop souvent les victimes.

Les politiques managériales doivent donc être largement revisitées en intégrant cette double dimension du stress. Tous les niveaux de management sont concernés, y compris (et peut être surtout) celui du top management. Car, comme le disait Albert Schweitzer, « l’exemple n’est pas le meilleur moyen d’avoir une action sur autrui, c’est le seul ».

Docteur Patrick Légeron, Fondateur de Stimulus